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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 09 Sep 2019 14:06 
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Merci des ces infos à tous les deux. Moi qui voulais me le faire avec ma carte Pathé Gaumont... ce sera un autre film alors !



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 09 Sep 2019 16:32 
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Je suis un peu étonné du commentaire d'Alamo, en quadrature avec la majorité des avis Allociné et IMDb. Je regrette de ne pas avoir pu le voir au ciné (pas diffusé dans le 37), mais c'est sûr que je l'achèterai en blu-ray dès sa sortie le 20/11.


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 09 Sep 2019 17:43 
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TRAINE SUR LE BITUME
Note : 8/10

Qu’il me soit permis dans le cadre de cet aimable forum de vous faire part d’un avis sur non pas un film dernièrement vu au cinéma pour la bonne et simple raison qu’il n’a pas, à ma connaissance, été distribué en salles françaises et qu’il fut Direct to VOD au mois d’août alors qu’il aurait largement mérité une distribution à grande échelle, ne serait ce que pour son casting avec mel Gibson et Vince Vaughn.

Résumé : deux flics aux méthodes peu orthodoxes se retrouvent temporairement mis à pied. Ils vont mettre à profit cette période pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté du miroir…un petit jeu qui ne sera pas sans conséquences…

Avis artistique
Les bons films à voir, parfois surprenants ou perturbants (dans le bon sens du terme) ne sont pas pléthore en cette période d’Iron Man agonisant du cinéma américain. Alors pour une fois qu’un petit surdoué nous gratifie d’une oeuvre peu commune dans le domaine du polar, que grâce lui soit rendue.

Craig Zahler nous avait offert en 2015, avec un budget ridicule, un western d’une incroyable force et complètement atypique nommé Bone Tomahawk. Son film louvoyait habilement dans le mélange des genres entre le western et le film d’horreur avec un final totalement surprenant. Il réalise par la suite « Section 99 » (lui aussi malheureusement inédit en salles) pour nous offrir sa dernière création dans le domaine du polar : Traîné sur le bitume.

Alors vous me direz des polars US on en a vu des tonnes et celui-ci se confinera dans le moule habituel des films policiers avec une hypothétique quête de rédemption pour les héros, le passage à travers des épreuves pour avoir conscience de la noirceur de leur âme, j’en passe et des meilleurs.
Que nenni ! Ce film est avant tout un polar noir, très très noir. Pas de rédemption possible pour ces deux flics qui, mis à pied, décident de braquer des voleurs histoire d’assurer leurs vieux jours. Ce deux héros étaient déjà « noirs » à l’origine, pas de raison que ça change s’ils passent du côté obscur.

Pour ce faire le réalisateur va distiller savamment cette ambiance et prendre un peu (trop ?) son temps (le film fait 2h30) mais sa démarche est assez insidieuse : quel que soit le personnage du film, il y a comme un rapport étrange qui se met en place avec le spectateur. Non pas qu’on ait l’impression de les connaître mais une indicible empathie voit le jour et le spectateur se laisse prendre un peu par la main histoire de voir, un peu à la manière de Matrix, « how deep is the rabbit hole ».

En effet, il est surprenant de voir à quel point tous les personnages du film sont d’abord présentés puis travaillés à croire que le réalisateur voulait faire un film sans second rôles car selon lui toutes les pièces du puzzle sont importantes et au final l’histoire se doit de les sublimer tous. Certes il va s’attarder un peu sur les deux héros et nous présenter leurs familles, leurs fêlures (la femme et la fille de Gibson, la petite amie de Vaughn par ex.) leurs habitudes mais par exemple, la froideur du gangster qui sera braqué par ces deux flics est parfaitement identifiable dans une seule et simple scène où, à la manière du Samouraï de Melleville il nous fait clairement comprendre que ce personnage est juste la mort ambulante, sans arrière pensée, sans pitié mettant ainsi en avant l’irrémédiable drame qui se profile.

De même pour le rôle de cette femme qui doit reprendre son job à la banque après son congé maternité. Là encore le réalisateur prend le temps nous la présenter avec ses doutes et ses peurs et là encore le spectateur se fera piéger quelques minutes plus tard puisqu’elle aussi se retrouvera amèrement au cœur du drame.

De même enfin pour les deux personnages black qui sont recrutés par le truand. Le réalisateur prend le temps de nous présenter leurs conditions de vie et leurs familles pour comprendre leur motivation à participer à ce braquage. Et dès le départ ils sont une sorte de symétrie des deux flics. Eux aussi sont des loosers « on the edge », eux aussi se retrouvent désespérément dans cette histoire où ils vont plus subir que tenir et eux aussi devront payer le prix fort. Mais là encore le réalisateur nous évitera le message de la sublimation du héros car ce n’est pas son propos : se joindre à des braqueurs-tueurs a un prix, subtil mélange de douleur et de regrets et c’est tout.

Mais tout ceci ne tiendrait pas la route si la mise en scène ne suivait pas. Et là il faut clairement dire que Craig Zahler sait vraiment y faire. D’abord il y a très peu de plans en mouvement (chose difficile à réaliser sur un métrage de 2h30). Ses cadres sont parfaitement posés et équilibrés et l’alternance de plans larges comme des plans serrés se met véritablement au service de l’histoire. Alors me direz-vous il va nécessairement se profiler dans l’esprit du spectateur une impression de lenteur à ce que l’action tarde à arriver. Certes mais les dialogues sont d’une extrême précision et à mon sens, il n’y pas de scène en trop car toutes sont au service de l’avancement des personnages dans l’intrigue. Qui plus est le réalisateur mélange assez bien le rendu de ses scènes. Certaines sont très intimistes et d’autres sont à la limite du cartoon de l’horreur (scène avec les trois acolytes du braqueur tout en costume noir avec des lunettes de soudeur par ex qui nous livrerons à chaque fois un vrai déferlement de violence).

Et pour sublimer tout cela le travail de la photographie du film est juste incroyable. Le chef op du film dont j’ai oublié le nom a fait quelque chose d’artistiquement très au-dessus de la moyenne. La plupart des scènes sont dans une pénombre jaunâtre un peu oppressante (l’intérieur de l’appart de Gibson par ex.) ou parfois plus cosy (appartement de Vaughn) tandis que les scènes extérieures sont beaucoup plus froides lorsqu’elles se passent de jour. Là encore la technique est véritablement au service de l’histoire et le travail réalisé est formidable de ce point de vue là.

Enfin quelques mots du casting : il s’agit certainement du meilleur polar auquel Mel Gibson ait pu participer depuis Payback (à ce titre je ne saurais que trop vous conseiller la Director’s cut de ce film en Z1 où l’histoire et notamment la fin est totalement différente avec d’autres personnages que celle qui fut exploitée en salles). Il est un acteur vieillissant mais même dans un personnage à moustache sans grand relief, la sobriété de son jeu d’acteur capte l’attention du spectateur et même si Mad Max est bien loin désormais, il n’empêche que le bonhomme a de beaux restes du point de vue du talent. Vince Vaughn est lui aussi très sobre. Encore une fois ce sont les personnages qui dictent la direction d’acteurs et il se met véritablement au service de son rôle, s’identifiant parfaitement à ce néo-looser. Enfin Terry Kittles (que je ne connaissais pas malgré ses 16 années de carrière) joue parfaitement un rôle assez difficile où il est constamment dans la retenue face aux évènements qu’il subit.

L’intangibilité du malheur est quelque chose de difficile à filmer et surtout de difficile à partager avec un spectateur. Mais quand la mise en scène est au cordeau, que le scénario ressemble plus à un livre qu’à un script, que les acteurs sont au diapason pour servir des dialogues parfaitement maîtrisés, et que le réalisateur vous fera penser à du Peckinpah ou du Siegel, ne boudez pas votre plaisir, nous sommes juste en présence d’une pépite.



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 09 Sep 2019 18:25 

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Je ne connaissais pas et tu m'as donné envie de le voir. Merci... :jap:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 09 Sep 2019 18:28 

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surfeur51 a écrit:
Je suis un peu étonné du commentaire d'Alamo, en quadrature avec la majorité des avis Allociné et IMDb. Je regrette de ne pas avoir pu le voir au ciné (pas diffusé dans le 37), mais c'est sûr que je l'achèterai en blu-ray dès sa sortie le 20/11.


Je viens d'aller faire un tour sur allociné (que je consulte rarement). J'aimerais savoir comment des personnes ont pu faire des commentaires avant la sortie du film. Pour le reste, les jeunes qui n'ont pas de culture sur ces évènements (ce n'est pas une critique, pour eux c'est une date dans les livres d'histoire) la découverte de ces images peut impressionner, pour le vieux comme moi (et toi !) on a déjà vu ces images de nombreuses fois et à part quelques plans au début (certes magnifique) les images sont "comme à la télévision". Les seules images haute définition sur la lune sont des photos, vue cent fois, faites à l'Hasselblad si ma mémoire est bonne, en 6x6.


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 09 Sep 2019 19:55 
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Bridoli a écrit:
Je ne connaissais pas et tu m'as donné envie de le voir. Merci... :jap:


Tant Mieux :bien:
Ce film mérite vraiment une chance en BR (on ne peut pas dire seconde chance puisqu’il est inédit). C’est un polar intelligent, brillamment mis en scène qui à aucun moment ne fait l’économie du scenar au profit de satisfaire un public qui tiendrait pas la route.
Bref pour une fois qu’in réalisateur nous traite intelligemment faut en profiter.
Enjoy !



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 10 Sep 2019 09:28 

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:bien: :lover: :jap: :wink:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 10 Sep 2019 20:41 
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Merci pour le partage de ce coup de coeur :bien: :jap:

Honnêtement, il ne faisait pas partie de ma wishlist mais maintenant.... c'est tout à fait possible :wink:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 25 Sep 2019 15:27 
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AD ASTRA

Résumé : Le voyage « initiatique » d’un fils missionné par une compagnie d’exploitation spatiale pour retrouver son père porté disparu aux confins du système solaire 16 ans plus tôt.

Avis artistique : 4/10

Depuis quelques années le cinéma nous propose a minima une fois/an d’aller voir ce qui se passe au-dela de notre bonne vieille Terre, voire de notre système solaire.
Et chacun de ces films avait à tout le moins un tantinet d’originalité. Que ce soit Gravity, Solaris, Interstellar, Seul sur Mars etc…tous ces films avaient une vraie identité narrative avec un fil rouge commun : comment gérer une catastrophe (planétaire ou personnelle) en devenir ou déjà avérée ?
Ainsi tandis que Sandra Bullock retournait à l’état fœtal tout en faisant des « youhou » à la radio dans sa capsule après que sa station ait pris un boulon à 28.000 km/h, Mathew Mac Conaughey prenait 70 piges sans une ride tout en faisant du morse avec une tocante à travers l’espace temps et Matt Damon jouait les Nicolas le Jardinier sur la planète rouge….silence ça pousse !!

Et donc en 2019 c’est James Gray qui s’y colle et sa filmographie assez éclectique pouvait parler pour lui. Ses films sont certes souvent mélancoliques mais que ce soit le polar (La nuit nous appartient) ou la romance (two lovers), sans être des « masterpieces » ce sont des films de bonne facture qui se laissent voir.

Toutefois, Ad Astra nous montre la limite du genre. Les films de science-fiction peuvent être dramatiques, d’action, initiatiques, catastrophes, intellectuels etc….tout sauf mélancolique. Au même titre que l’huile ne se mélange pas avec l’eau le principe d’un film de science fiction est d’offrir au spectateur une sorte de rêve éveillé plutôt que de nous conter les errements et les doutes d’un héros quelque peu taciturne.

Et d’ailleurs le héros personnifié par Brad Pitt est tout sauf un héros de science fiction. A la fois froid et résigné mais (trop ?) professionnel, il ne suggère aucune empathie de la part du spectateur, aucune identification permettant le transfert des émotions de l’un vers l’autre. Et c’est fortement dommage car le film raconte l’histoire d’un « héros » de l’espace, le père de Brad Pitt incarné par Tommy Lee Jones, disparu près de Neptune lors d’une mission à la recherche de formes d’intelligence extra-terrestre. 16 ans plus tard, tandis que de fortes surcharges électriques en provenance de ce coin de l’espace perturbent dangereusement notre Terre, le « Space Command » demande à son fils de vérifier si ce père est vivant ou fou ou les deux et c’est parti pour un « ride » de 4 milliards de kilomètres !

Partant de là (et au départ l’histoire de base pouvait tenir la route) le scénario de James Gray souffre trop non pas d’invraisemblance (il en faut toujours un peu pour faire un bon film de science fiction) mais de scènes plaquées au cours de l’histoire dont on ne comprend pas vraiment le sens c’est à dire l’apport qu’elles font à la trame de base, tout en faisant progresser le scénario.

A ce titre les deux « scènes d’action » du film.
L’une se passe sur la lune. Bon alors bien évidemment y a une base sur la face cachée mais pour s’y rendre il faut rouler un peu et figurez-vous que la lune a déjà ses mercenaires et autres trafiquants. Donc si je comprends bien, y ‘a de la présence humaine permanente sur la lune mais en plus y’a aussi des hordes de jawas façon star wars qui vont s’amuser à vous pirater votre chargement ou vos bagnoles lunaires encore plus rapidement qu’un pirate au large du golfe d’Aden….m’ouais…léger quand même puisqu’en plus on a aucune explication sur qui ils sont, d’où ils viennent, si c’est l’Iran ou la Chine derrière ce joyeux bazar ! C’est donc l’occasion de voir des échanges de coup de feu ? ou de pisto-lasers on ne sait pas trop, entre Nissan Juke customisées à croire que depuis la fin du genre les américains ont toujours ce côté western dans leur ADN qui voudrait que de façon génétique la conquête se fasse toujours à coups de fusil.
Et au final pourquoi cette scène ? Encore une fois elle ne sert à rien dans l’histoire n’apporte aucune tension dramatique, ne permet pas à des personnages à qui l’on se serait attachés de mourir prématurément etc…bref totalement inutile sauf à réveiller le spectateur bercé d’images nonchalantes jusque là et tout secoué d’un coup par son siège qui gigote dans tous les sens car le film est projeté en 4dX.

La seconde scène d’action se passe elle dans l’espace entre la lune et mars (oui parce que c’est plus fastoche pour Brad Pitt de partir de Mars pour aller tailler le bout de gras avec le daron). A la suite d’un « mayday » le vaisseau de notre héros est dérouté vers un navire en détresse…je ne vous conterai pas le ridicule de cette scène (qui là encore n’apporte rien au film) mais bon sachez que depuis 2001 les singes ont bien réussi à lever leur bâton et va y avoir des pleurs et des grincements de dents….c’est bien connu faut jamais faire ch.. le mandrill…jamais…même dans l’espace !

S’en suit ensuite l’errance du héros pendant laquelle le film louche assez maladroitement sur le pourquoi du comment de la présence humaine dans l’espace. L’espace c’est froid, c’est cruel, ce n’est pas notre milieu naturel, on n’a rien à faire là-haut, on le sait déjà, et Brad Pitt s’ennuie et nous ennuie pendant 19 jours le temps d’arriver à Neptune. Là encore James Gray a loupé le coche car cette scène aurait pu être celle des questionnements métaphysiques, mais il n’a pas le « talent » de Terence Malik pour faire des films beaux mais surtout pénibles, il fait juste un film pénible à voir.

Pour éviter tout spoiler je vous passerai les détails de la grande scène finale qui, à l’image des 1h40 du métrage déjà passées est sans tension dramatique, sans relief, attendue et entendue mais qui a ceci de commun avec la plupart des films de SF récents : un final improbable, facile et sans péripétie nouvelle…bref il fallait juste finir le film.

Je ne m’attarderai pas longtemps non plus sur les comédiens car tout est centré sur Brad Pitt qui encore une fois remplit parfaitement son rôle. Si comme moi vous avez pu voir Il était une fois à Hollywood et si vous enchaînez sur Ad Astra, vous verrez que ce comédien est réellement polymorphe mais il ne saurait sauver le présent film. Liv Tyler a un rôle de 2mn44 et des brouettes donc exit… et Donald Sutherland dans un rôle secondaire fait juste acte de présence. Quant aux autres seconds rôles, ils sont négligés par le scénario donc par voie de conséquence négligeables.

Alors voilà la SF est un genre en soi. L’aborder sans connaissance du genre est une gageure et le piège grossier dans lequel James Gray est tombé c’est de vouloir mélanger totalement les genres. Son film dissémine ici et là quelques scènes qui vous feront penser à d’autres films de SF sans que le scénario sache lui donner une identité propre, sans que le scénario nous prenne aux tripes bref sans donner identité et profondeur à l’histoire. Techniquement la photo du film est quelconque et à vrai dire aucune scène ne restera en mémoire si ce n’est la première si le spectateur que vous êtes est enclin à l’indulgence.
Et donc pour boucler la boucle, la mélancolie n’a rien à faire dans l’espace car elle le rend ennuyeux et morne. La mélancolie a besoin de pesanteur et tout le drame est que le film est juste pesant. Un film de science fiction mélancolique est à l’image de ce scientifique qui avait passé sa vie à retirer au caoutchoux son élasticité i.e inutile et grotesque.
Il est grand temps de renvoyer ce Ad Astra ad patres. Dors tranquille Stanley c’est pas en 2019 que tu seras encore détrôné…



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 25 Sep 2019 21:32 

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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 26 Sep 2019 03:01 
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Merci :jap: 8)
On saura pourquoi le zapper quand on le verra sur les listes de vente :twisted: !
Parce qu'à la base, un film de SF avec B. Pitt au casting, ça interpelle quand même !
Comme quoi ...............


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 26 Sep 2019 10:27 
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Oh tu sais, dans un autre registre un film de morts vivants avec brad pitt ça interpellait aussi et au final cette guerre mondiale Z ne fut qu'un pétard mouillé tant elle fut edulcorée pour être exploitable en salles pour les moins de 16...



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 26 Sep 2019 12:36 

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Vu hier et OK à 100% avec cette critique, le film parait trèèèès long.
Si le sauvetage peut s'intégrer à l'histoire car il débouchera sur des événement futurs, la course sur la lune est totalement inutile, absurde et illisible (à la fin on ne sait pas si BP s'en sort !
Le réalisateur à vu 2001, c'est sûr :wink:, mais pour moi, la fin de 2001 demandait plusieurs visions, là j'en resterai là !
Je n'avait pas reconnu Liv Tyler qui apparait peu et en vidéo nulle (ils n'ont pas la 4G dans le futur ?. C'est d'ailleurs un des problème du film : des trucs très "loin dans le futur" et des trucs qui sortiront demain en France ! Ou sont déjà en vente en Corée !
4/10 c'est bien noté !


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 26 Sep 2019 15:03 
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Tu as raison et c'est bien ça le pbm c'est que ce film se comprend trop facilement. 2001 c'était autre chose et posait de vraies questions sur la place de l'homme, de la machine et de l'intelligence dans l'univers. Ici rien du tout.
C'est pas pour rien que lorsque 2001 fut sorti en salles il était précédé de quelques minutes dans le noir pour que le spectateur se concentre avant la projection...



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 26 Sep 2019 15:05 
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snaky930 a écrit:
Merci pour le partage de ce coup de coeur :bien: :jap:

Honnêtement, il ne faisait pas partie de ma wishlist mais maintenant.... c'est tout à fait possible :wink:


Même Reno11 a dit que c'était bien.... :D :D



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 28 Sep 2019 00:47 
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RAMBO LAST BLOOD

Résumé : Dernier combat pour John Rambo revenu depuis plusieurs années aux Etats Unis. Mais cette fois c’est un combat strictement personnel. It is time for revenge…

Note : 6,5/10

Avis artistique :

Quel dommage que feu le magazine Starfix qui en 1983 avait fait de Rambo First Blood la première de couverture de son numéro deux n'existe plus. Nul doute que l’équipe de Christophe Gans, Doug Headline, Nicolas Boukhrief et autres (sans oublier la mythique rubrique du Colonel Kurtz !) aurait fait de ce Last Blood là encore sa première de couverture.
« Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » comme chantait Aznavour et pardon pour cette nostalgie quelque peu surannée mais le premier Rambo de Kotcheff fut un choc pour toute une génération et pas un seul film d’action pendant 30 ans ne sera fait comme avant grâce à ce film iconique.

Donc 35 ans après Sly remet le costume de son personnage favori (avec Rocky bien sûr) et nous propose un ultime opus. Par ailleurs comme pour Creed 2 il annonça avant le tournage que c’était la dernière fois qu’il collaborait au scénario de son personnage.
On sait depuis longtemps que Stallone est un assez bon scénariste, avec du bon (Cliffhanger, la plupart des Rocky) et du moins bon (Cobra, Over the top) qu'il connaît parfaitement son personnage et il n’y avait que lui pour boucler la boucle.

Et cette boucle est bouclée de fort belle manière. D’abord dans la présentation de son personnage qui reste malgré les années un outcast, un paria vivant dans des tunnels aménagés devant son ranch plutôt que dans sa maison. Aspirant juste à vivre en paix, pour une fois ce n’est pas son passé qui va le rattraper mais son présent, sa vie quotidienne qui va le meurtrir au plus profond de ses chairs.

Exit donc les hélicos, les M16 et autres armes de destruction massive. On revient à du basique savoir : un couteau de chasse avec une lame de 30cm, quelques flêches, un flingue et un gun à canon scié…

En effet sa nièce d’adoption (et oui John Rambo a un semblant de famille mais c’est très bien amené et torché en 10mn donc ça le fait) partie retrouver son père exilé au Mexique se retrouve kidnappée par un cartel qui va la droguer pour la mettre sur le trottoir.

Dès lors pour John Rambo c’est une guerre tout ce qu’il y a de personnel (comme le first blood d’ailleurs) et le Stars and Stripes on s’en fout, il s’en fout, ce qui compte c’est la vengeance. Car même s’il fait tourner des chevaux dans le manège de son ranch, la « Bête » est toujours là, les démons sont présents et ils ne demandent qu’à se réveiller.

C’est donc fini de porter l’idéal US aux confins du monde ou de défendre la veuve et l’orphelin comme dans l'assez mauvais précédent opus, désormais il se bat pour lui, pour ceux qu’il aime et non plus par procuration.
On voit d’ailleurs très bien le cheminement du personnage qui n’est pas du tout en quête de rédemption pour toutes les atrocités qu’il a pu commettre dans sa vie précédente. Cette rédemption il ne l’aura jamais car la rédemption passe toujours par la sublimation de soi à faire du bien. Et John Rambo est basique : faire le bien passe nécessairement par la violence compte tenu de sa connaissance parfaite de la noirceur de l’âme humaine.

Le métrage d’1h40 (qu’est-ce que c’est bon d’avoir un film qui ne fait pas plus de deux heures parfois) est divisé en deux parties. Une partie au Mexique et une partie en Arizona où bien évidemment une horde de chicanos surarmés va débarquer chez Rambo pour lui faire une guerre totale. Sauf que le loup est dans sa tanière et que ca va défourailler sévère.

Donc au même titre que nous n’avons jamais échappé à la scène récurrente de Rocky où il fait des pompes, soulève des charettes etc…bref lorsqu’il s’entraîne, là encore on retrouve dans ce Last Blood la scène de la préparation des pièges, l’affutage de la lame, sans oublier les blessures ouvertes, la détermination et la précision dans les gestes etc… et il était temps. Car la première partie du métrage nous fait penser à un film d’action presque quelconque qu’un comédien comme Statham ou un Mel Gibson façon Blood Father aurait pu interpréter. Et c’est peut-être la seule critique que je ferais au film à savoir que le film oscille entre un « vigilante movie » façon Death Wish (Un justicier dans la ville) et un action movie presque banal vu 100 fois au cinéma.

Il faut dire qu’en ces temps de disette d’un point de vue film d’action pure et dure, (sauf à aimer les baltringues en costume coloré qui ont des armures qui volent à 900km/h, des marteaux qui volent encore plus vite et qui voyagent dans le temps de façon incompréhensible), un Rambo à l’ancienne est le bienvenu. Ne vous méprenez pas, je ne gloserai pas sur la psychologie du personnage et je peux comprendre que certaines personnes puissent trouver ce métrage vide de sens et d’intérêt. Je dis simplement qu’entre un Iron Man flamboyant toujours patriote et vainqueur sur un champ de ruines (faudra d’ailleurs qu’on m’explique comment après avoir perdu deux tours le cinéma US de super héros passe son temps à détruire tout un tas d’immeubles comme une façon obscène d’exorciser ce 11 septembre – no further comment) je préfère un Rambo usé, fatigué de se battre et d’expurger ses fautes et qui, parce qu’il ne sait rien faire d’autre reprend du service pour sa cause à lui. Le film n’a rien d’initiatique, ne parle d’aucun cheminement personnel c’est juste un film sur la vengeance et la violence qu’elle nécessite.

Donc vous l’aurez compris le scénario est sans surprise mais est-ce si important avec un tel personnage ? Je trouve personnellement que le réalisateur , Adrian Grunberg qui connaît assez bien son affaire depuis Kill the gringo, Jack Reacher et autres Hors de contrôle constitue un bon choix et si l’on peut lui reprocher une sorte d’impersonnalité à la réalisation, il s’est mis au service de cette franchise en s’oubliant et nous délivre un opus d’assez bonne facture.
Quant à Sly, bin disons qu’à 73 piges il est « encore là » compte tenu de toutes les scènes d’action. Alors bien sur on n’aura plus la scène où il se noue les cheveux avec un bandeau, on ne le verra plus torse bide avec les muscles huilés et saillants mais malgré tout même si son interprétation est toujours identique il tient encore le haut du pavé pour interpréter ce personnage qui, avec Rocky marqua les années 80 et si Sly a vieilli, Rambo a vieilli aussi mais cette vieillesse n’est pas un naufrage, elle n’est pas pathétique, elle est assumée pour le plus grand plaisir des fans.

Alors voilà allez voir ce film si vous aimez l’action à l’ancienne, simple mais jamais simpliste. Certes la description des bordels mexicains est convenue (on voit nettement que Marlene Schiappa ils connaissent pas là-bas !!), oui la convention de Genève, la non pratique de la torture Rambo se taille tout ça en pointe pour en faire un bel objet qui fait gicler du sang quand il est utilisé avec un arc. Mais après tout le film n’est là que pour ravir nos bas instincts et c’est parfois bon de voir des films qui ne respectent plus vraiment les codes de la bien-pensance contemporaine tellement chiante parce qu’insipide et caricaturale, bien-pensance parfaitement incarnée par l’Obs accusant le film de « flatter les bas instincts d'un public qui a déjà Trump pour s'en charger ». Désolé les mecs tout le monde ne peut pas bander devant Robert Bresson…(oh putain non Reno11 me tape pas sur la tête ! :mrgreen: )



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 28 Sep 2019 01:48 

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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 28 Sep 2019 06:22 
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Effectivement, tu as raison : quelle claque a été ce premier opus de la saga Rambo ! Et encore aujourd'hui, comme tu le précises, la génération Starfix que nous avons été, garde une énorme affection pour ce personnage emblématique du cinéma US. Alors bien sûr, les différentes suites n'ont jamais égalé le film de Ted Kotcheff et ce Last Blood, à priori, n'y parviendra pas non plus mais qu'importe !

Merci pour ta prose toujours aussi plaisante à lire :bien: :jap: et pour ceux/ celles qui ne l'auraient pas vu, je vous encourage vivement à regarder la formidable masterclass donnée par Sly au dernier festival de Cannes.



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 28 Sep 2019 08:35 
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Bridoli a écrit:
Toujours aussi plaisant à lire...
J'adore l'épilogue...
A :lover: :jap: brazo

Merci :jap: !

snaky930 a écrit:
Effectivement, tu as raison : quelle claque a été ce premier opus de la saga Rambo ! Et encore aujourd'hui, comme tu le précises, la génération Starfix que nous avons été, garde une énorme affection pour ce personnage emblématique du cinéma US. Alors bien sûr, les différentes suites n'ont jamais égalé le film de Ted Kotcheff et ce Last Blood, à priori, n'y parviendra pas non plus mais qu'importe !

Merci pour ta prose toujours aussi plaisante à lire :bien: :jap: et pour ceux/ celles qui ne l'auraient pas vu, je vous encourage vivement à regarder la formidable masterclass donnée par Sly au dernier festival de Cannes.

Cette masterclass est terrible. Le mec sait d'où il vient et jette un regard critique sur sa carriere avec cette idée que tout n'était pas bon mais tout a été fait avec son énergie et son talent pour essayer de ne pas décevoir. C'est déjà beaucoup plus que tant d'autres.
Thx 4 sharing Snaky930 :bien:

Et pour ceux à qui Starfix n'évoque rien allez faire un tour là, tout est dit :http://www.starfixproductions.com/fr/historique



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 28 Sep 2019 10:06 

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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 28 Sep 2019 15:04 
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Hotkiller a écrit:
Désolé les mecs tout le monde ne peut pas bander devant Robert Bresson…


Ça, je te le confirme !!!!!!!
Allez SLY, on est avec toi !! J'achèterai ton "Last Blood" en BR quand il sortira, c'est sûr !
Merci pour ta critique mon cher Hotkiller 8) :bien:
:lol: :mrgreen: :wink:

A part çà, le vrai Starfix est mort en 89 :( . La resucée avec une autre équipe rédactionnelle était totalement foirée, même la couv, laide au possible ! Les "nouveaux" avaient voulu copier "Première", c'était débile :roll: :( .
Me souviens d'une nana au courrier des lecteurs qui commentait, après avoir lu la "renaissance" de la revue : "Tiens , ils ont grandi " !!! :evil:
"Grandir" pour quoi ? Mon c.. oui , ils s'étaient vendus :x !! Starfix :lover: for ever ............ le vrai !!!


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Oct 2019 01:50 
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LE DINDON

Résumé : Victoire aime René. Mais Victoire est harcelée par Victor, ami de René. Mais Ernest courtise également Victoire tandis que René se retrouve par hasard devant une ancienne maîtresse…Qui-proquo, retournements de situation, mensonges….bienvenue chez Feydeau !

Avis artsitique : 1/10

Le film de Jalil Lespert est véritablement la preuve que le cinéma de comédie à la française est bel et bien mort. Faut que le CNC arrête de distribuer ses subsides à ses potes…. le radeau a déjà coulé. Faut que le CNC arrête de financer des projets « baignoire » : quand ça fuit inutile d’ouvrir le robinet pour garder l’eau à niveau, tout ça finira à l’égout alors autant consommer le moins de flotte possible.

Le Dindon est le parfait exemple du film sans saveur, raté, inutile et sans originalité.
Et pourtant à l’écriture y avait Georges Feydeau. A la base c’est quand même le roi du vaudeville, léger et alerte, genre trop souvent méprisé à tort par les critiques. 1h25 plus tard nul doute qu’une tombe dans le cimetière de Montmartre doit faire un barouf de la mort tant l’un de ses occupants doit se tourner et retourner à l’intérieur…

Ce film est donc l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire : mauvaise adaptation, mauvais casting, mauvaise caméra…tout est mauvais rien n’est à savourer.

L’adaptation d’abord : Feydeau est un auteur du 19ème et le parti pris du réalisateur est de nous transposer l’action de la pièce dans les 70’s. Pourquoi ? Aucune idée.
A la limite si l’on voulait montrer l’intemporalité du texte il eut été plus judicieux de le transposer de nos jours mais non !
Là(s) on se retrouve entre 65 et 73 je dirais, et ça laisse la place au chef décorateur pour se défouler, nous en mettre des caisses dans la déco fertile certes de l’époque mais assez moche. C’est quand même dommage de nous mettre une déco criarde avec des décors laids alors que tant de beaux objets ont été des icones du design à l’époque (Eames, Panton et autres Platner par ex…). Bon bref passons.

Le casting désormais.
Alors je sais bien que dans ce pays le cinéma est une industrie, un investissement plus qu’un art et on se doit, pour s’assurer un certain succès de lever des fonds auprès des banques. Et donc si dans votre besace vous avez le plus bankable des comédiens français en la personne de Dany Boon ça devrait le faire. Hélas non… enfin, oui pour les banques mais non pour nous spectateurs attristés d’un humoriste qui ne sera jamais un acteur et qui se singe lui-même du fait d’un registre de talent trop exigu.
Il joue avec ce phrasé qui lui est propre et dès qu’il fait le neuneu je ne peux m’empêcher de le voir empêtré dans son KWAY… Et tout le problème est là. Le personnage de Jean dans la pièce originale (qui désormais s’appelle René…) est certes, un gentil, un naïf mais avec Dany Boon, il devient pesant et attardé, et c’est vraiment cracher sur la pièce originale que de transformer ce bon Notaire en juriste hydrocéphale aux paroles monosyllabiques.

Alors je sais bien que dans ce pays il est de bon ton de s’attacher les services d’un sociétaire de la comédie française (c’est d’ailleurs écrit, comme d’hab, en très gros sur le générique de début). Donc Guillaume Gallienne se colle au scénario et forcément ce sera bon (bin oui il est de la Comédie de Française, tu peux pas savoir toi, manant que tu es et qui t’es marré devant la 7ème Compagnie !!).
Mais non ça peut pas être bon. En se réservant le personnage de Victor, amoureux et séducteur invétéré c’est juste aller dans le mur. Hé ! Les filles en général et celles de ce forum en particulier (Les Akasha, Bridoli et autres), putain vous avez un amant à prendre, vous sautez sur un Galienne à la moustache façon Sergent Garcia ou vous préférez remettre le couvert avec vot’ conjoint. Rassurez moi bon sang !

Alors je sais bien que dans ce pays c’est toujours bien de mettre en lumière les « minorités ». Donc pour acheter la bien-pensance mièvre et conciliante de notre époque, le casting nous rajoute Ahmed Sylla en séducteur-jouisseur, libre parce que non marié (il a donc un avantage sur le personnage de Galienne). Ne vous méprenez pas, je ne suis pas en train de dire qu’il ne convenait pas de prendre un acteur black pour ce rôle. Je suis juste en train de dire que si l’on prend un acteur tel que lui (talentueux et drôle d’ailleurs dans Goal of the dead - Merci à Neolink en passant - ou l’Ascension), alors putain faut que le scénario se sorte un peu les doigts pour en faire un truc sympa et mémorable façon Jacob dans la Cage aux Folles !! Parce qu’on se rappelle encore de Jacob non pas parce qu’il était black mais parce que la dimension black donnait plus d’envergure comique au personnage sans jamais s‘en moquer et ça c’était génial ! Dans le cas présent faire appel à un Laurent Stocker (Ensemble c’est tout, Le code a changé etc…) dont le talent et le jeu d’acteur correspondaient assez bien au personnage eut été largement suffisant.

Et enfin la réalisation. Alors oui dans les pièces de Feydeau, les portes claquent, les intrigues virevoltent et l’empathie pour un personnage s’efface au profit d’un autre rapidement. Donc sur le fond pour le rythme on a le texte original. Besoin de rien de plus. Dès lors, inutile de rajouter des coupures de plans toutes les 5 secondes façon clip de R’nB ou de rap. La caméra de Lespert est nauséeuse à souhait à faire des plans/contre-plans en permanence et loin de mettre en valeur le texte, le dessert totalement. Seule concession et là je reconnaitrai volontiers que l’esprit Feydeau est respecté : la scène d’une quinzaine de minutes qui se passe à l’hôtel. Là effectivement ca va vite, c’est tranché et « qui-proquo-esque » à souhait et pour une fois la caméra suit le discours.
Qu’importe 15mn ne font pas un métrage et peut-être, je dis bien peut-être mais sur le fond j’en suis sur, un plan séquence d’une heure et demie eut été un parti pris artistique beaucoup plus audacieux et innovant, mais pour cela n’est pas Inarritu ou Hitchcock (dans un autre registre certes) qui veut…bien malheureusement.

Le cinéma français de comédie est mort et bien mort. Le Dindon lui a ch… dessus. mais il espère que nous cinéphiles allons encore bouffer la tartine ? Fuck ! Pendant je ne sais combien d’années on s’est tapé du Clavier qui poussait ses « OK… ! » d’onagre cocaïnomane et qui maintenant nous bassine avec sa famille BENETTON.
Depuis plus de 10 ans on bouffe du ch’ti à toutes les sauces et tout cela devient aussi indigeste que le maroille dans le café (quand j’y repense c’est vraiment des barbares façon Conan le Cimérien là-haut !!!) :mrgreen:. Et là, avec un texte enlevé et rythmé ils arrivent à casser mon jouet. C’est Feydeau putain, c’est pas n’importe qui. Vous me l’avez abîmé, violé saccagé et transformé en une farce grotesque et pas drôle (pour info nous étions 10 dans la salle et pas une seule fois je n’ai entendu un rire…). Honte à vous, parangons de l’humour qui voudriez me faire croire à votre talent en méprisant vos classiques.

Non seulement le cinéma français de comédie est mort, mais le cinéma français en général est en train de mourir. Et à part sur certains types de films comme les polars (je pense aux films de Marechal par ex.) il faut bien reconnaître que pour un Chant du Loup faut se taper nécessairement du film sociétal gonflant façon Nakache & Toledano, du Lindon qui sauve des migrants ou surveille ses collègues au Leclerc du coin, des frères Dardenne qui se prennent pour du Ken Loach et moi je vous le dis tout net ce cinéma là m’emmerde parce que trop convenu, trop ronflant, trop assuré qu’il est d’avoir son petit bonhomme dans Télérama qui nous fera un sourire.

Et pour conclure, voyez-vous, au tout début du générique du film il y avait la mention « librement adapté de la pièce de George Feydeau » et je m’en réjouissais vraiment parce que la dernière fois que j’avais vu cette mention dans un générique c’était « librement adapté de Victor Hugo ».
La pièce s’appelait Ruy Blas.
Le film s’appelait la Folie des Grandeurs…
Le cinéma français est mort…



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Oct 2019 09:45 
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Hotkiller a écrit:
Le cinéma français est mort…
Je ne doute pas que "Le Dindon" soit raté, et ton avis rejoint la plupart des critiques. De là à enterrer le cinéma français, je te trouve sévère, car on trouve encore de bonnes comédies comme le "Victoria" de Justine Triet (ou son récent "Sibyl" dans une tonalité plus dramatique). J'ai aussi beaucoup aimé "Le Redoutable" de Michel Hazanavicius qui croque méchamment le Jean-Luc Godard post 68, et "Rebelles" avec Cécile de France, Yolande Moreau et Audrey Lamy, un savoureux film déjanté avec de nombreuses références cinématographiques... Bref, il y a encore matière à se faire plaisir, même chez nous...


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Oct 2019 10:36 
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Très cher Surfeur, je ne doute pas qu'il y ait encore quelques films français qui justifient peut-être le concept d'exception culturelle à la française. Et pour moi l'exception culturelle, c'est se dire "tiens un film comme ça, y a qu'en France qu'on peut le faire" et nul doute qu'en cherchant un tant soit peu on trouvera des films qui répondront parfaitement à ce critère.

Mais quand je dis que le cinéma français est mort c'est juste qu'en regardant par exemple la liste des films sortis en 1969 (et on peut essayer en 70, 71 etc...) en France j'ai le résultat suivant : L'Armée des ombres, Z, Que la bête meure, Le clan des Siciliens, La piscine, Le cerveau, la femme infidèle, la sirène du mississipi, Hibernatus, Mon oncle Benjamin....Y a du bon dans tous les genres et c'est bien le reflet d'une créativité et d'une conjugaison de talents que désormais nous avons perdu. Je ne suis pas certain qu'un jour nous retrouvions une liste similaire et c'est bien triste.



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Oct 2019 11:06 
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Localisation: Annecy
Et le pire dans cette histoire , c’est que le cinéma Français d’avant 1980 n’existe pas pour l’immense majorité des jeunes. j’ai bien peur que vers 2050 , parler de Renoir , Clouzot , Duvivier , Carné ou Jacques Becker soit considéré comme un délire très marginal. Déjà aujourd’hui j’ai parfois l’impression d’être un extra-terrestre.
Un peu comme dire que l’on est passionné de sumo ... :mrgreen:


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