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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 30 Juil 2019 19:32 
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snaky930 a écrit:
Excellente ta critique, me suis bien marré :bien: :bien: :bien: :jap:

Par contre, ça fait ch... pour le film en lui-même. Comme beaucoup de monde j'imagine, Aja est un réalisateur que j'apprécie beaucoup :(

Bah oui c'est le problème. Techniquement c'est au poil son film mais put...l'histoire...trop de clichés, trop de poncifs, trop de "codes narratifs" vus et revus 1000 fois...
Son film n'apporte rien de nouveau au genre et venant d'un réalisateur tel que lui on était en droit d'attendre qu'il apporte quelque chose...
Je crois qu'il est désormais sur le projet de Nightmare on Elm Street....prions pour que Freddy soit honoré et bien honoré :| .



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 30 Juil 2019 19:33 
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reno11 a écrit:
Mon cher Thierry , les années passent et le talent reste intact. :wink:
Merci pour le partage et la cure de rigolade :mrgreen:

Merci cher Renaud, c'est vrai que c'est sympa de reprendre "la plume" !!!



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 30 Juil 2019 21:23 
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Hotkiller a écrit:
Bon vous l'aurez compris je n'ai pas aimé ce film et je ne l'ai pas aimé surtout parce que j'en veux énormément à AJA. Je lui en veux parce qu'à force de vouloir travailler avec les studios US il est en train de perdre son âme. [...]
Ecran Large a fait un article sur cette même impression :arrow:
https://www.ecranlarge.com/films/dossier/1092278-crawl-alexandre-aja-le-francais-qui-a-reussi-a-hollywood-a-t-il-ete-bouffe-par-hollywood

sinon bah, content de relire des critiques ciné de ta part ici :D



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 30 Juil 2019 21:27 
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Hotkiller a écrit:
Je crois qu'il est désormais sur le projet de Nightmare on Elm Street....prions pour que Freddy soit honoré et bien honoré :| .
c'est ça qui fait peur dans ce projet, comment Freddy va se faire "honoré".... :twisted: :mrgreen:



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 05 Août 2019 17:42 
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Pour info : je n'ai pas vu Hérédité, le premier film de ce réalisateur

Note : 4,5/10

Résumé : Bah c’est simple, c’est « 2000 Maniacs » dans une communauté pagano-runique suédoise…

Avis artistique :
Désolé d’introduire cette critique par un résumé aussi court mais le parallèle avec le film de 1964 d’Herschell Gordon Lewis était si évident… « Six touristes s'égarent dans une région perdue de Floride, et se retrouvent dans un petit village, célébrant son centenaire. Malgré l'accueil chaleureux qui leur est réservé, les nouveaux venus ne tardent pas à s'apercevoir qu'il se passe quelque chose d'inquiétant et de mystérieux » (source : allociné).

Dans le cas de ce « solstice » les ingrédients sont donc les mêmes : des touristes américains (en l’occurrence des étudiants qui suivent un de leurs amis suédois) se rendent dans une communauté organisant une fête tous les 90 ans. Après un accueil très « bucolique » et l’apprentissage de quelques rites ces étudiants vont vite comprendre que le mode de vie à la suédoise c’est pas nécessairement une volvo et des kris prolls…

Alors une fois que l’on a dit ça que reste-t-il ?

En fait une curieuse impression de travail bâclé ou inachevé. Indéniablement ce réalisateur sait placer sa caméra et plus important remplir intelligemment un cadre de cinéma. Ses plans sont bien réalisés, alternant quelques plans sequences et plans fixes parfois longs et des plans en hauteur (un peu trop à mon goût) et donc en termes de technique de réalisation rien à redire.

Mais comme cela arrive bien souvent, cette technicité ne sert pas le discours, ne porte pas nécessairement l’histoire. Je veux dire par là qu’il y a un décalage entre la technicité et une histoire qui, somme toute, est la narration d’une bande de timbrés qui s’amusent à massacrer du touriste live de façon régulière.

Ce sentiment de désorientation du spectateur s’accentue plus encore lorsque l’histoire se plonge dans des explications incompréhensibles à travers des runes, des traditions ancestrales, et une sorte de « bible » de la communauté rédigée exclusivement par les disciples consanguins (pourquoi, comment, on ne le saura jamais), bref une sorte de paganisme intellectuel qui pourrait justifier les sacrifices et à la limite soit. Mais dans ce cas il faut prendre la parti pris du film d’horreur un peu intello et ça peut le faire.
Mais le réalisateur nous fourbit en plus tout un tas de raccourcis triviaux qu’on a vu 100 fois dans les mauvais films de série B : c’est évident que si tu pisses sur un arbre ancestral sensé être le gardien de l’âme des morts de la communauté il va t’arriver des bricoles. C’est évident que la nana qui dit « Moi je reste pas ici, j’me casse » elle va avoir un retour pénible façon Golgotha. C’est évident que si tu prends des photos d’un ouvrage pour lequel on t’a bien dit qu’il ne faut pas le faire bah t’auras pas le temps de les envoyer sur posterxxl pour avoir un tirage limité dans un encadrement en caisse américaine…

Voilà c’est le gros reproche que l‘on pourrait faire à ce film c’est le mélange des genres sans qu’aucun des deux ne soit véritablement abouti. Et pourtant y avait un truc à faire. En effet l’héroïne principale se retrouve là bas pour accompagner son mec suite à un traumatisme (ses parents sont assassinés par sa sœur bipolaire qui se suicide en même temps). Une fois dans la communauté la première scène d’horreur repose elle aussi sur un suicide et là il y avait quelque chose à creuser comme si le personnage principal trouvait un écho fataliste à sa vie qui devrait, par destination, croiser quel que soit le lieu ou la période des personne suicidaires. Au lieu de ça le réalisateur se perd dans sa narration avec quelques aberrations : la fête a lieu tous les 90 ans mais y a une élection de Miss Solstice tous les ans (un truc a du m’échapper !) ; le rythme de la vie de la communauté est un cycle de 18 piges et on comprend qu’il fait pas bon de passer les 72 barreaux en Suède façon l’Age de Cristal etc.. Mais tout ceci est diffus, désordonné et surtout très très long… Et oui car non seulement le film nous perd (surprenant de voir 3 spectateurs quitter la salle avant la fin) mais aussi est outrageusement long : 2h20 là dessus c’est beaucoup trop.

On peut comprendre que le réalisateur veuille placer ses personnages et c’est vrai que pour le coup, chacun d’entre eux est bien introduit et on discerne rapidement les traits de caractère de chacun mais 2H20 pour au final garder en mémoire une bande de « Wacos », aux cheveux de feu tels Rahan, habillés en coton dégrossi façon tablier de la Mère Poulard (et je vous promets que c’est tout ce qui restera en mémoire, votre cerveau reptilien se mettant allègrement en pause), c’est juste une perte de temps pour le spectateur.

Reste en points positifs de bons comédiens notamment Will Poulter (le petit des Miller une famille en herbe, du Labyrinthe et de Detroit) et les autres comédiens sont à l’unisson. Mais cela fait trop peu pour sauver le film qui, encore une fois, n’est pas vraiment un film d’horreur (malgré quelques plans gore), pas vraiment un film « malsain », pas vraiment un film qui distille sa propre essence maléfique, pas vraiment un film sur l’hystérie religieuse, bref, pas vraiment un film puisqu’à être multi-directionnel, il en perd son âme et son essence.



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 05 Août 2019 21:41 
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Pas plus tard que ce week end, je lisais cet article au travers duquel l'auteur cherchait à identifier les éventuelles références ou sources d'inspiration du réalisateur pour ce métrage.

Au delà de la critique dithyrambique - à pondérer sans nul doute suite à la lecture de ton texte - j'ai découvert un titre dont je ne connaissais pas l'existence Les femmes de Stepford (1975) avec Khatarine Ross. Quelqu'un ici connait-il ce film et à aurait un avis ?

Merci Hotkiller pour cette nouvelle bafouille très bien écrite :bien: :jap:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 01:06 

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snaky930 a écrit:

j'ai découvert un titre dont je ne connaissais pas l'existence Les femmes de Stepford (1975) avec Khatarine Ross. Quelqu'un ici connait-il ce film et à aurait un avis ?


Je connaissais l'existence de ce film mais je ne l'ai pas vu. Par contre j'ai lu le roman (SF) d'Ira Levin à la base du scénario. Si le film est à la hauteur du bouquin il devrait être pas mal.


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 02:21 
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L'ami Hotkiller avait quasi disparu de ce forum pendant une très - trop :x - longue période, mais ce récent retour n'était pas ( ce qu'on pouvait craindre ) un feu de paille 8) :D !!
Ne cherchons pas à savoir pourquoi une si longue absence, mais l'argumentaire et le clavier n'ont rien perdu de ce talent :bien: qui faisait la joie des (alors nombreux) participants à ces colonnes au début de ce 21ème siècle .
Par ailleurs, j'ai enfin le sentiment confus :D de ne plus être quasiment le seul à rédiger des post longs comme l'étendard de Rocco Siffredi !
Ça fait du bien !! ( Les post ! Pour le reste je ne me prononcerai pas :twisted: ! )

PS : suite à une excellente critique de LAL, j'avais acheté "Les femmes de Stepford" à sa sortie video, mais, comme un bon nombre de mes DVD, il est encore blisté :? sur mes étagères .
12 ou 13 ans de retard accumulé, ça ne se rattrape pas comme çà :roll: !


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 07:38 
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Barbe-Noire a écrit:
...mais ce récent retour n'était pas ( ce qu'on pouvait craindre ) un feu de paille 8) :D !!...

Hé hé salut l'ami Barbe Noire. C'est l'été on va faire en sorte que ce soit un feu de forêt plutôt qu'un feu de paille !!!
Prochaine si j'ai le temps avant les holidays : le Tarentino becoz entre Playmobil et Dora en ce moment on est un peu au régime... :?



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 08:21 
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Merci Thierry pour cette critique à la fois drôle et informative.
C’est 2H20 de gagnées pour regarder un vrai film à la place :mrgreen:
Ceci dit Hérédité ne m’avait déjà pas convaincu alors qu’il avait aussi des critiques dithyrambiques.


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 18:44 
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Barbe-Noire a écrit:
PS : suite à une excellente critique de LAL, j'avais acheté "Les femmes de Stepford" à sa sortie video, mais, comme un bon nombre de mes DVD, il est encore blisté :? sur mes étagères .
12 ou 13 ans de retard accumulé, ça ne se rattrape pas comme çà :roll: !

Bon investissement cependant car il n'est trouvable aujourd'hui qu'à un prix tournant autour de 14/15e et que sur du marketplace/ebay/rakuten. :(


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 19:30 

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:jap: :bien:
Barbe-Noire a écrit:
L'ami Hotkiller avait quasi disparu de ce forum pendant une très - trop :x - longue période, mais ce récent retour n'était pas ( ce qu'on pouvait craindre ) un feu de paille 8) :D !!
Ne cherchons pas à savoir pourquoi une si longue absence, mais l'argumentaire et le clavier n'ont rien perdu de ce talent :bien: qui faisait la joie des (alors nombreux) participants à ces colonnes au début de ce 21ème siècle .
Par ailleurs, j'ai enfin le sentiment confus :D de ne plus être quasiment le seul à rédiger des post longs comme l'étendard de Rocco Siffredi !
Ça fait du bien !! ( Les post ! Pour le reste je ne me prononcerai pas :twisted: ! )

PS : suite à une excellente critique de LAL, j'avais acheté "Les femmes de Stepford" à sa sortie video, mais, comme un bon nombre de mes DVD, il est encore blisté :? sur mes étagères .
12 ou 13 ans de retard accumulé, ça ne se rattrape pas comme çà :roll: !


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 19:31 
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snaky930 a écrit:
j'ai découvert un titre dont je ne connaissais pas l'existence Les femmes de Stepford (1975) avec Khatarine Ross. Quelqu'un ici connait-il ce film et à aurait un avis ?

C'est la version "horrifique" tirée du roman du même nom de Ira Levin. Personnellement je préfère la version plus comique réalisée par Frank Oz sous le titre "Et l'homme créa la femme", à qui la critique a reproché une dérive par rapport au roman, mais qui a l'avantage d'être plus proche des rapports au sein du couple que la version de 75 qui a beaucoup vieilli de ce point de vue.

Ici, une critique complète du remake de Frank Oz:

http://www.dvdpascher.net/dvd/dvdloupe.php?id=7386


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 06 Août 2019 21:09 
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surfeur51 a écrit:
snaky930 a écrit:
j'ai découvert un titre dont je ne connaissais pas l'existence Les femmes de Stepford (1975) avec Khatarine Ross. Quelqu'un ici connait-il ce film et à aurait un avis ?

C'est la version "horrifique" tirée du roman du même nom de Ira Levin. Personnellement je préfère la version plus comique réalisée par Frank Oz sous le titre "Et l'homme créa la femme", à qui la critique a reproché une dérive par rapport au roman, mais qui a l'avantage d'être plus proche des rapports au sein du couple que la version de 75 qui a beaucoup vieilli de ce point de vue.

Ici, une critique complète du remake de Frank Oz:

http://www.dvdpascher.net/dvd/dvdloupe.php?id=7386


Nom de Zeus, je n'avais pas fait le rapprochement :?

J'ai vu plusieurs fois ce dvd dans les magasins d'occaz mais je ne m'y suis jamais arrêté. Entre le titre français et la jaquette, je me suis toujours dit que ça devait être une énième comédie américaine sans intérêt (et ce, malgré un casting séduisant).

Même si par goût, la version "horrifique" m'attire plus, je me laisserai tenter à la prochaine occasion d'autant que tu en dis le plus grand bien. Merci :jap:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 19 Août 2019 23:11 
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Résumé : A Hollywood, en 1969, l'itinérance d'un comédien de série western et de sa doublure cascade dans une industrie cinématographique en profonde mutation.

Avis artistique :
On sait que Tarantino est un passionné de cinéma et l'éclectisme de sa filmographie en atteste parfaitement. Alors après un film de guerre et un western il décide de revenir aux sources, de revenir à Hollywood et de nous expliquer comment à partir de 1969 cette industrie va profondément changer et se transformer. Mais son œil se veut aussi sociétal car plus que le cinéma en soi c'est aussi toute une société, une civilisation qui se transforme. Les espérances et l'optimisme s'effacent pour laisser dangereusement place à un monde déchu de sa frivolité et de sa légèreté; à partir de 1969 il y a comme quelques nuages remplis d'orage sur les collines du "bois de houx"…

Alors cette 9ème réalisation est-elle à la hauteur de ce que nous sommes en droit d'attendre lorsqu'on a réalisé Pulp Fiction ou Kill Bill ?

Il était une fois à Hollywood nous raconte l'histoire d'un comédien de série alcoolique, Rick Dalton (Leonardo Di Caprio), courant le cacheton comme il le peut et de sa doublure cascade, Cliff Booth (Brad Pitt). Dalton a connu sa petite heure de gloire et Cliff lui sert désormais d'homme à tout faire. Confortablement installé dans sa maison cossue, Dalton voit d'un assez mauvais oeil tout ce mouvement hippy qui préfère le LSD à ce bon vieux whisky mais c'était sans compter sur ses nouveaux voisins, le couple Roman Polanski – Sharon Tate qui vient de s'installer, tandis que Charles Manson et son groupe d'illuminés a pris possession du Spawn Movie Ranch non loin de là…
Voilà pour le décor. Tarantino va donc nous conter la vision de deux dinosaures, derniers survivants d'un "cinéma de papa", témoins muets de leur propre vie mais aussi et surtout de la chute de cette agaçante insouciance américaine qui est aussi la leur.

Car c'est bien de cela dont veut nous parler le réalisateur. Il nous convie à être les témoins d'un monde qui se meurt, comme s'il y avait un avant et un après 1969 : certes les Etats Unis marchaient sur la lune cette année-là (dernière flamboyance de la gloriole passée) mais ils commençaient sérieusement à s'embourber au Viet Nam (première tâche d'une déchéance en devenir). La contre-culture naissait à Woodstock quelques mois après l'élection de Nixon, Mohamed Ali était toujours interdit de combattre ("Aucun Viet-Cong ne m'a jamais traité de nègre" avait-il déclaré deux ans auparavant) tandis que trois adolescents noirs étaient battus et tués par la Police au Algier's Motel de Detroit et que Sharon Tate enceinte et deux de ses amis seront ignoblement massacrés à leur domicile d'Hollywood….

Et pour apprécier cette lente déliquescence des "valeurs" traditionnelles à l'américaine le réalisateur va utiliser le prisme déformant de deux personnages représentant chacun une certaine Amérique.
Pour ce faire Tarantino utilise intelligemment pour ses deux personnages un archétype emblématique du cinéma américain, le personnage du cow-boy. A ceci près que l'un représente un cow-boy agonisant voire mort tandis que l'autre représente le cow-boy éternel de l'ouest américain.

Rick Dalton (Di Caprio) est donc un cow-boy mort. Il est l'incarnation d'un certain cinéma vieillot mais qui tente de s'adapter à cette nouvelle époque et qui, coute que coûte, tente de survivre dans un monde professionnel dont les codes commencent à lui échapper. Rick Dalton ne peut pas comprendre que désormais le western ce sont les italiens qui le gèrent et comme lui indique Al Pacino en producteur de seconde zone mais "money maker" à fond les ballons dans une scène très emblématique, il est temps pour lui de rejoindre non pas Léone mais Corbucci à Cinecitta histoire d'incarner quelques héros de cinéma bis comme Oklahoma Kid. Après tout Rick Dalton n'est pas Widmark dans Alamo ou Wayne dans Rio Bravo, il est juste un acteur qui a connu son apogée dans un film de seconde zone et qui désormais fait une serie télé western que Mac Queen avait déjà abandonné depuis fort longtemps pour devenir acteur de cinéma. Rick Dalton a loupé le coche, n'a pas rencontré John Sturges pour la Grande Evasion (belle scène facétieuse de Tarantino à ce sujet d'ailleurs), il ne lui reste plus qu'à attendre sagement la mort.

A l'inverse Cliff Booth (Pitt) est le Marlboro Man éternel. L'incarnation allégorique d'une "winning" Amérique et même si aujourd'hui il n'est qu'un larbin à la fois chauffeur, doublure professionnelle et homme à tout faire de Rick Dalton il reste une icône intemporelle avec cette sorte de magnétisme ravageur dans le sourire, la démarche et la posture. Et d'ailleurs Tarantino ne s'y est pas trompé : il traite ses deux comédiens de façon totalement différente à l'écran. Rick Dalton est souvent filmé en plans "froids" avec un Di Caprio légèrement bouffi, angoissé, transpirant, souvent ivre avec la mêche de cheveux grasse et des fringues légèrement improbables (pantalon pattes d'ef + tiags + blouson de cuir trop serré) habitant une maison de parvenu sans charme avec une piscine minable. Cliff Booth est totalement solaire. Les plans sur le visage de Brad Pitt sont toujours baignés d'une couleur chaude, d'un soleil certes crépusculaire mais qui donne au comédien énormément de cool attitude habillé de son tshirt Champion et d'une chemise hawaïenne tandis que son clébard l'attend toujours fidèlement dans son Airstream plantée derrière un drive inn.
Alors voilà, ces deux personnages sont deux cowboys sur un tandem qui essayent de continuer de tenir en équilibre tant bien que mal et il faut bien reconnaître à Tarantino ce talent de mise en valeur des comédiens qu'il utilise.

MAIS, parce qu'il faut bien qu'il y ait un "mais", pour nous conter le témoignage de ces deux personnages le réalisateur utilise une construction narrative très linéaire. Et malheureusement, malgré tout son talent, il ne peut éviter l'écueil de l'ennui. Exit les scènes dé-chronologiques de Kill Bill ou de Pulp Fiction : son film est presque une succession de scènes sans véritable lien apparent, sans véritable intérêt (?) qui participent certes à raconter l'histoire de nos deux personnages mais d'une façon purement satellitaire, je veux dire par là qu'elles ne servent à rien du point de vue de la narration comme du point de vue de l'intrigue. Ainsi en est-il de la scène entre Cliff Booth et Bruce Lee, de la scène se passant à la Playboy Mansion de Hugh Heffner (complètement inutile) de la scène de Sharon Tate allant au cinéma, sans compter parfois cette curieuse impression que certaines scènes ont été tournées juste par ce que c'était les potes du réalisateur (scène avec Kurt Russel notamment).

Cette remarque s'étend également à la bande son du film. On connait tous l'importance du choix des musiques dans ses films mais là le réalisateur s'est parfaitement trompé. Rappelez-vous les scènes de Pulp Fiction ou Reservoir Dogs meublées par une seule musique parfaitement au diapason et clairement identifiable. Dans Il était une fois à Hollywood, tout est brouillon, aucune chanson n'est quasiment entière et c'est juste une succession de bruits qui certes sont représentatifs d'une époque (California Dreamings des Mamas & Papas par ex.) mais qui n'apportent rien aux scènes, ne les mettent pas en valeur, et ne les subliment pas. Pire encore et ça on ne saurait lui pardonner, utiliser le Hush de Led Zeppelin en léger fond sonore quand l'année dernière un petit surdoué du nom de Drew Godard nous sortait une scène pour le coup véritablement iconique dans Bad Times at the El Royale sur la même musique, il y a comme un goût amer en bouche.

C'est d'autant plus dommage parce que Tarantino, comme d'habitude va prendre son temps et va nous servir deux scènes extraordinaires permettant à deux comédiens de génie de nous prouver tout leur talent : scène de tournage pour Rick Dalton qui donne la réplique à une petite fille et scène de tension dramatique pour Cliff Booth qui rend visite au ranch de la communauté de Charles Manson.
Ces deux scènes constituent véritablement le centre du film et participent assez bien au propos du scénario montrant la fin des rayonnantes années 60 pour laisser place aux années 70 plus sombres.
Exit le soleil californien !
Exit l'insouciance des temps d'avant.
La pin-up de Gil Elvgreen est passée au bûcher remplacée qu'elle est par la "bare foot pussy cat girl" aux pieds cradingues (ne pas oubliez que Tarantino est un foutu fétichiste des pieds !) et aux aisselles non "traitées". Et de ce point de vue là Tarentino fait le job assez bien en nous présentant une génération paumée, en rupture de codes, à contre courant mais qui au fond d'elle sait qu'elle est déjà perdue. Ces deux mondes vont d'ailleurs se croiser dans une scène assez belle entre Pussy de la communauté de Manson et le personnage de Booth, en plans serrés dans la Cadillac de Dalton….mais rien à faire pour la hippy girl… le Marlboro Man gagnera toujours !

Quelques mots enfin sur les comédiens. Que dire de Di Caprio et Pitt ? Rien à part qu'ils sont certainement les deux plus grands comédiens US contemporains. Il faut dire que désormais pour être comédien aux States faut accepter de porter un slip rouge, une cape noire ou d'avoir un super pouvoir, donc pas vraiment le genre des deux loustics. Heureusement Tarantino nous les convoque (qu'il en soit infiniment remercié car les deux n'avaient rien fait de vraiment probant depuis 2015) et très franchement aucun des deux n'a perdu de sa superbe. Mention spéciale à Di Caprio peut-être qui a un peu plus de scène pour montrer l'étendue de son talent et de son jeu d'acteur dans ce personnage de cow-boy désespéré ou d'acteur désespérant. Les deux comédiens bouffent parfaitement l'espace du cadre cinemascope du réalisateur et ont une présence scénique indéniable.
Les autres comédiens sont bons et font le job même si on regrettera que Margot Robbie ne soit pas mieux exploitée dans les quelques scènes qui la mettent à l'honneur.

Il était une fois à Hollywood n'est donc pas un mauvais film mais il ne fait que confirmer la pente descendante de ce réalisateur génial que fut Quentin Tarantino. A trop vouloir cabotiner, faire du "Tarantino pour du Tarantino" au mépris de l'histoire avec des artifices et clins d'œil parfois grossiers (allusion à Corbucci pour Django par ex.), le réalisateur s'oublie et nous perd. Il utilise deux pointures mais elles ne cachent pas la vacuité de certaines scènes qui auraient pu considérablement alléger le film (2h40 quand même !).

MAIS, parce qu'après un premier "mais", il faut toujours un second "mais" pour équilibrer et surtout pour soutenir l'intérêt des quelques lecteurs armés de patience qui auront parcouru les lignes qui précèdent, Tarantino nous livre une scène finale digne des plus grands "What if" du cinéma. Il est vrai que tous les contes de fées commencent par Il était une fois….

Note : 6,5/10



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 20 Août 2019 10:40 
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Merci pour cette critique détaillée :bien: :jap: . Après une certaine déception sur les deux derniers Tarantino, je n'étais pas sûr de me précipiter sur celui-là malgré son casting alléchant. Et ta critique me confirme que je peux sans remords laisser passer la sortie BR à prix max et attendre une occasion intéressante.


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 20 Août 2019 10:48 

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Excellente critique... que je partage en tout point.... :jap: :bien:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 20 Août 2019 11:05 
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surfeur51 a écrit:
Merci pour cette critique détaillée :bien: :jap: . Après une certaine déception sur les deux derniers Tarantino, je n'étais pas sûr de me précipiter sur celui-là malgré son casting alléchant. Et ta critique me confirme que je peux sans remords laisser passer la sortie BR à prix max et attendre une occasion intéressante.


Hélas je te le confirme...Tarantino a quand même réussi l’exploit dans son avant dernier film d’avoir eu Morricone, sans qu’on puisse se rappeler du thème musical...c’est fort. Et malheureusement même s’il convoque un casting de rêve, cette histoire qui raconte la fin d’un monde est aussi je trouve une histoire sur la lente agonie d’un réalisateur qui s’est peu à peu oublié...dommage.



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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 21 Août 2019 03:25 
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Je la découvre mais j'ai du mal à garder les yeux ouverts :x : le chantier m'épuise !
Je lirai ça à tête reposée qaund j'aurai fini. Une telle diatribe sur un Tarantino , ça doit se déguster dansles détails, avec l'esprit clair : j'en suis loin :evil: !
Même pour le quiz-affiche je n'ai pas la gnaque de faire des recherches, désolé mon cher surfeur !
Mon lit et Morphee, j'arrive 8) !!


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 21 Août 2019 10:18 
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Barbe-Noire a écrit:
Même pour le quiz-affiche je n'ai pas la gnaque de faire des recherches, désolé mon cher surfeur !
Heureusement que tu as eu le temps de nous faire un compte-rendu détaillé de la foire aux bestiaux... :wink:
http://forum.dvdpascher.net/viewtopic.php?t=16385&p=341928#p341928


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 22 Août 2019 03:11 
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Inscrit le: 21 Nov 2003 02:00
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Localisation: A la croisée des chemins !
Oui, mais avec un GROS coup de barre sur la fin du post.
Je piquais du nez devant mon PC :x .
J'ai vu la critique de hotkiller après, mais vu la longueur, pas eu le courage de lire. Et pas ce soir non plus, je dors sur le chantier, je viens sur le forum avec mon portable, j'ai pas de PC.
:wink:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 25 Août 2019 12:39 
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Localisation: IDF
Merci Hotkiller pour cette nouvelle critique :bien: :jap:

Personnellement, j'ai toujours trouvé que la plupart de ces films étaient un tant soit peu surestimés. Le postulat assez répandu : c'est un Tarantino donc c'est forcément génial me gave un peu ... même si le gars a du talent, c'est clair.


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 25 Août 2019 12:46 

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Localisation: Andalousie
Avis partagé en tous points... :bien: :jap:


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 08 Sep 2019 21:44 

Inscrit le: 20 Fév 2003 01:00
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Apolo 11

Grosse escroquerie à mes yeux...
Sortie sur 5 séances, prix des places majorés (et chez Gaumont impossible de payer avec une carte 5 places), articles dithyrambiques ici et là sur les bobines 70mm miraculeusement retrouvées...

Au final : un film sympathique sur cette aventure du premier pas de l'homme sur la lune.
Mais : Les fameuses images 70mm se limitent à quelques plans au début du film sur le pas de tir et de la foule amassée pour le décollage de la fusée...
Puis c'est de la vidéo, du 16mm, bref des images que nous avons vues et revues depuis 50 ans...

5/10 (noté large)


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 Sujet du message: Re: dernier film vu au cinéma
MessagePublié: 09 Sep 2019 12:07 

Inscrit le: 26 Avr 2003 00:00
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Et pour les abonnés au ciné, on est obligé de payer plein pot ! (c'est du pathé Live)
Merci du commentaire. Je ne manque pas grand chose de ne pas y aller.


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